Thursday, January 22, 2026
Alain Greiner (swissQprint) : "Une gamme cohérente, construite sur un même socle technologique, gage de fiabilité, de performance et de sérénité"
2026Actualités des acteurs
Quel bilan faites-vous de l’année écoulée ?
Nous vivons une année à la fois compliquée et frustrante. Frustrante parce qu’il y a des projets, de l’activité, et un business qui fonctionne. La France ne s’en sort pas si mal économiquement à l’échelle européenne, mais le climat général est extrêmement attentiste.
Les chefs d’entreprise ne savent pas de quoi demain sera fait. L’instabilité politique, les débats budgétaires, le contexte pré-électoral… tout cela crée une forme de paralysie dans les décisions d’investissement.
Les chefs d’entreprise ne savent pas de quoi demain sera fait. L’instabilité politique, les débats budgétaires, le contexte pré-électoral… tout cela crée une forme de paralysie dans les décisions d’investissement.
Résultat : on attend, on attend… et à un moment donné, il faut agir. C’est exactement ce qui s’est passé en fin d’année. Nous allons terminer sur une année presque normale, voire belle, mais avec une activité totalement déséquilibrée. Pour donner un ordre de grandeur : nous livrons en moyenne trois machines par mois, soit environ 35 machines par an, sur un marché français qui représente à peine 70 machines de production en table à plat. Or, ce mois-ci, nous en livrons douze. Cela illustre bien cette accumulation des décisions reportées.
Dans ce contexte de budgets contraints, des solutions premium telles que les vôtres restent-elles attractives ?
Je pense qu’il faut sortir de la notion de « haut de gamme » ou de prix dans ces décisions. La vraie question est : de quoi a-t-on besoin aujourd’hui pour rester compétitif sur son marché ?
Le monde de l’impression connaît depuis des années une convergence des métiers. Le numérique a permis à des reprographes de devenir imprimeurs, les imprimeurs sont allés vers le grand format, les sérigraphes se sont adaptés, etc. Aujourd’hui, tout le monde se concurrence.
Le monde de l’impression connaît depuis des années une convergence des métiers. Le numérique a permis à des reprographes de devenir imprimeurs, les imprimeurs sont allés vers le grand format, les sérigraphes se sont adaptés, etc. Aujourd’hui, tout le monde se concurrence.
À cela s’ajoute une accentuation très nette des variations de charge depuis la période Covid. On peut avoir un ou deux mois très calmes, puis soudain une explosion de demandes à traiter dans des délais extrêmement courts. Si vous n’avez pas un outil capable d’absorber ces pics de production, vous perdez les commandes, et parfois les clients.
Les investissements se font donc sur des critères de vitesse, de polyvalence et de capacité à encaisser des charges très violentes, bien plus que sur une logique d’économie à court terme. Une machine moins chère que les nôtres mais incapable de suivre ces contraintes me semble moins intéressante.
Il y a plusieurs piliers fondamentaux. Le premier, c’est la fiabilité. Nous sommes, à ma connaissance, les seuls à concevoir des machines prévues dès l’origine pour une durée de vie de 15 ans. Tous les composants sont dimensionnés pour cela. Il n’y a pas d’obsolescence programmée.
Ensuite, nos machines sont totalement évolutives. Elles sont ouvertes technologiquement : on peut les upgrader, les adapter, les faire évoluer selon les besoins du client tout au long de leur vie. C’est essentiel, car la fiabilité seule n’a aucun sens si la machine ne peut pas suivre les évolutions du marché.
Cette conception a un impact direct sur les coûts : nos contrats de maintenance tournent autour de 3 500 euros par an pour une machine industrielle. C’est extrêmement faible. Et surtout, la disponibilité est là quand il faut produire.
Cette logique s’inscrit aussi dans une démarche de responsabilité environnementale…
Absolument. Concevoir une machine pour 15 ans, c’est déjà une démarche responsable. Mais cela va plus loin. Après 6, 7 ou 8 ans, un client peut décider de passer à une nouvelle génération. Son châssis conserve une valeur très élevée. Nous le rachetons, le reconditionnons entièrement dans nos ateliers et il repart pour dix ans chez un autre client.
Aujourd’hui, certaines de nos premières machines en France ont plus de 15 ans et fonctionnent toujours. Et en fin de vie, 98 % de la machine est recyclable ou réemployable immédiatement, car elle est composée quasi exclusivement d’acier et d’aluminium. Les seuls éléments détruits sont ceux en contact direct avec l’encre. C’est une logique de respect des ressources du début à la fin.
Vous travaillez également beaucoup sur les encres. Pourquoi est-ce un sujet clé ?
Parce que la réglementation européenne devient de plus en plus exigeante, et à juste titre. Chez swissQprint, nous avons toujours pris de l’avance. Dès qu’un sujet sensible apparaît, nous anticipons. Par exemple, nous avons supprimé les TPO de nos encres bien avant leur interdiction officielle. Beaucoup d’acteurs ont essayé de contourner les règles, mais les prochaines évolutions réglementaires ne laisseront plus aucune marge.
Techniquement, retirer les TPO est extrêmement complexe. Ce sont des éléments essentiels à la polymérisation des encres. Les supprimer sans dégrader l’adhérence, la souplesse ou la durabilité est un vrai défi. Notre objectif a toujours été de conserver un éventail d’applications le plus large possible, sans multiplier les machines ou les encres spécialisées. Une machine SwissQprint doit être capable de tout faire.
Au-delà des machines, l’accompagnement client fait partie intégrante de votre ADN…
Oui, parce qu’un client n’est pas expert de tous les métiers. Quand un imprimeur offset se met à produire de la signalétique ou à imprimer sur des matériaux complexes, il lui manque des repères. Plutôt que de le laisser tâtonner ou refuser des commandes, nous l’accompagnons. Il nous envoie les matières, nous testons, nous lui fournissons les réglages, et il peut produire sereinement. Cette proximité permet aux opérateurs de dire « oui » à des projets qu’ils auraient refusés autrement.
Pourquoi C!Print reste-t-il un rendez-vous incontournable pour swissQprint ?
Ne pas être présent serait déjà un mauvais signal en termes de santé de la marque. Mais surtout, C!Print nous permet de rencontrer des acteurs que nous ne pouvons pas toucher autrement, notamment des industriels et des marques. La personnalisation touche aujourd’hui le meuble, la cuisine, l’automobile, l’habitat, la décoration, etc. Ces industriels ne savent pas forcément à qui s’adresser, et nous non plus ne pouvons pas aller frapper à toutes les portes. Le salon est un point de rencontre unique.
C’est aussi un lieu de découverte pour les agences de communication et les donneurs d’ordre, même s’ils n’achèteront jamais de machine. Mais ils sont prescripteurs. Comprendre ce qui est techniquement possible permet de concevoir des projets plus innovants.
Quelles solutions allez-vous mettre en avant cette année sur le salon ?
La vedette de notre stand sera clairement la Kudu, qui est à l’origine de toute notre nouvelle génération de machines. Nous avons totalement repensé le châssis pour concilier très haute vitesse et précision extrême, sans aucun compromis. Aujourd’hui, nous imprimons à plus de 350 m²/heure avec une précision de l’ordre de deux centièmes de millimètre, sans vibration. Ce châssis a ensuite donné naissance à toute une famille de machines, du format 2,50 m au 3,20 m, avec différentes configurations de têtes, pour s’adapter aux besoins et aux budgets des clients. Nous proposons une gamme cohérente, construite sur un même socle technologique, gage de fiabilité, de performance et de sérénité pour les utilisateurs.
En conclusion, quel message souhaitez-vous faire passer au marché ?
Je suis très confiant pour l’avenir. Il y a encore énormément de choses à faire en France. Mais cela passe par des solutions complètes, fiables, durables et capables de répondre à la complexité croissante des marchés. Les difficultés économiques ou politiques ne doivent pas pousser à des choix de court terme. Investir dans un outil robuste, polyvalent et évolutif reste, selon moi, la seule stratégie viable.
