INNOVATION : vous avez entendu parler des encres compostables ?

C!Print - Développement durable - encres - flexographie - Innovation - sérigraphie - Le 09/04/2021

Philippe Alzina est le directeur technique de Mistral Graphic. Il est aussi l’un des meilleurs experts dans son domaine, spécialisé dans le développement de formules à façon dans les domaines graphique, textile, industriel, étiquette et sécurité. Il nous parle aujourd’hui d’un nouvel axe de développement demandé par certains de ses clients de luxe : les encres compostables.

 

 

 

 

Dans leur quête effrénée pour avoir des produits les plus respectueux de l’environnement qui soient, les donneurs d’ordre explorent aujourd’hui plusieurs pistes et se focalisent de plus en plus sur les encres qui seront utilisées pour imprimer leurs tee-shirts, leurs packagings ou leur nouvelle campagne de communication. Encres végétales, encres biodégradables, encres à base d’algues (LivingInk) , de micro-oragnismes (Pili)… de nouvelles solutions émergent pour tenter d’apporter des réponses à ce marché en plein ébullition.

 

 

 

 

 

LA GAMME « COMPOST’INK »

Expert dans ce domaine, Philippe Alzina, directeur technique de Mistral Graphic, est ainsi régulièrement sollicité pour développer de nouvelles formules susceptibles de répondre à ces attentes. Récemment, la demande s’est focalisée sur des encres dites compostables. Elle émanait de marques du secteur du luxe pour de l’impression de packaging. Actuellement en phase de test, elles devraient bientôt être visibles en boutique.

Comme le fait remarquer justement l’expert, qui dit compostable, ne dit pas forcément recyclable… « Une encre compostable sera considérée comme un perturbateur de tri » prévient le spécialiste. Mais pour les marques, là n’était pas le sujet puisque ce qu’elles voulaient, c’était pouvoir produire un packaging biodégradable. Autrement dit un packaging que l’on puisse mettre directement dans son compost plutôt que dans sa poubelle jaune.  À une époque où la filière de recyclage française est en pleine remise en question avec notamment la fermeture de l’usine de la Chapelle-Darblay, l’argument peut s’entendre. Pour Philippe Alzina, la démarche est intéressante à condition qu’elle soit accompagnée de toutes les explications nécessaires pour que le process soit vertueux jusqu’au bout.

Dans sa gamme « Compost’Ink », tous les liants et composants sont d’origine naturelle avec des vernis 100% naturel à base d’eau, sans COV, des paillettes 200 µm biodégradables et compostables, avec ou sans fond nacré constitué de mica naturel…   « Utilisables en sérigraphie et en flexo, ces encres sont relativement faciles à mettre en oeuvre, mais n’ont évidemment pas les mêmes tenues que les encres classiques et nécessitent quelques adaptations. Leur coût est également supérieur« , précise  le spécialiste. À suivre.