mercredi 7 janvier 2026

Régis Ruys (Konica Minolta) : « L’IA est un levier majeur pour l’avenir de la filière »

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Régis Ruys (Konica Minolta) : « L’IA est un levier majeur pour l’avenir de la filière »

Comment se porte Konica Minolta sur les marchés que vous adressez ?


Régis Ruys : Nous évoluons sur plusieurs marchés qui n’ont pas tous la même dynamique. Certains, comme l’impression commerciale traditionnelle, restent très tendus, avec des regroupements d’acteurs et des décisions d’investissement parfois freinées par un contexte économique et politique incertain. En revanche, l’impression numérique continue de progresser. Nous gagnons des parts de marché sur des applications historiquement traitées en offset, notamment sur des volumes intermédiaires. Le marché de l’étiquette, en particulier, reste très dynamique.


Quels sont aujourd’hui les principaux enjeux exprimés par vos clients lorsqu’ils envisagent un investissement ?


Régis Ruys : Les problématiques n’ont pas fondamentalement changé ces dernières années. La première, et sans doute la plus critique, concerne les ressources humaines. Les imprimeurs rencontrent de grandes difficultés à recruter, qu’il s’agisse de profils qualifiés ou non. La pénurie est réelle. Nous sommes d’ailleurs très engagés sur ces sujets, notamment via notre présence dans les écoles et notre participation à des initiatives de valorisation de la filière graphique. Faire connaître ces métiers, les rendre attractifs, est essentiel. Cette tension sur les ressources humaines entraîne des attentes très fortes vis-à-vis des équipements : des machines plus simples à utiliser, fortement automatisées, tout en restant performantes et qualitatives.

L’automatisation est donc devenue un levier central ?


Régis Ruys : Complètement. L’automatisation répond à plusieurs enjeux à la fois : le manque de main-d’œuvre, la rentabilité et la réduction des erreurs. Moins d’erreurs, c’est moins de gâche, donc moins de coûts et un impact positif en matière de durabilité. Aujourd’hui, les imprimeurs ne peuvent plus se permettre de perdre une partie significative de leur production. L’automatisation est donc à la fois économique, opérationnelle et environnementale.


La durabilité constitue évidemment un sujet clé pour la filière…


Régis Ruys : Oui, et on l’adresse différemment selon les marchés. Dans l’étiquette, par exemple, la pression réglementaire est particulièrement forte. Les clients nous sollicitent sur la conformité des encres, la sécurité, les normes et l’accompagnement réglementaire. Mais au-delà des obligations, les donneurs d’ordre eux-mêmes sont de plus en plus exigeants. La durabilité devient un critère de sélection, et nous devons apporter des réponses concrètes, à la fois technologiques et applicatives.


Crédits : @Konica Minolta

On parle beaucoup d’intelligence artificielle. Comment s’intègre-t-elle dans votre offre ?


Régis Ruys : L’IA est un sujet vaste chez Konica Minolta. Nous avons même créé au Japon un centre de recherche dédié à l’IA, qui travaille sur la robotique, la logistique ou encore la cobotique. Pour ce qui concerne l’impression, nous utilisons déjà l’IA sur certaines solutions, notamment en ennoblissement, pour le repérage et l’optimisation de la qualité. Aujourd’hui, l’IA prend une place croissante dans la maintenance et le suivi des machines.
Nous développons des systèmes capables d’analyser les presses à distance afin de privilégier la maintenance préventive plutôt que curative. L’objectif est clair : réduire les temps d’arrêt, anticiper les dérives de qualité, améliorer la stabilité colorimétrique et permettre, à terme, une forme d’auto-calibrage des machines, à la fois logiciel et matériel.


En quoi cela répond-il aux attentes concrètes des imprimeurs ?


Régis Ruys : Nos clients ont besoin de réduire leurs coûts, d’améliorer leur rentabilité et d’être accompagnés dans l’utilisation de leurs équipements. Les opérateurs sont parfois moins qualifiés, ou nouvellement recrutés, et les machines doivent les guider au maximum. L’IA joue ici un rôle clé avec de l’automatisation, une assistance à la prise en main, un guidage des opérateurs, ou une sécurisation de la production. C’est un levier majeur pour l’avenir de la filière.


Vous êtes à nouveau sponsor Platinum du salon C!Print. Pourquoi est-ce toujours un rendez-vous stratégique pour vous ?


Régis Ruys : C!Print reste un salon essentiel à plusieurs niveaux. D’abord en termes d’image : nous sommes bien identifiés sur certains segments, mais beaucoup moins sur d’autres. Être présents permet de renforcer notre visibilité et de montrer que nous sommes un acteur engagé et innovant.
Ensuite, c’est un rendez-vous annuel très important pour la relation client. Même si nous rencontrons nos clients tout au long de l’année, le salon offre un contexte différent, plus convivial, propice à l’échange et à la projection.
Enfin, c’est un moment clé pour présenter nos nouveautés. Cette année, par exemple, nous exposerons l’AccurioLabel 400, que nous n’avons encore jamais présentée sur C!Print.


Quelles seront les principales solutions mises en avant sur votre stand ?


Florine Darmon : L’AccurioLabel 400 est effectivement une machine majeure pour notre offre étiquette. Mais elle ne sera pas la seule. Nous présenterons également une large partie de notre gamme de presses, notamment les séries AccurioPress C12010 et C14010, qui intègrent des fonctionnalités d’automatisation très avancées (analyse du papier avant impression, contrôle du repérage recto-verso, mesure en ligne, contrôle colorimétrique en continu, etc.).
Nous exposerons aussi l’AccurioPress C84HC, dotée d’un gamut étendu, capable d’atteindre des couleurs bien au-delà de la quadri standard, sans ajout de couleur supplémentaire. Elle intègre également des options de plastification et de découpe en ligne, idéales pour des productions à forte valeur ajoutée.
Et bien sûr, l’ennoblissement restera très présent avec l’AccurioShine, qui est un véritable outil de différenciation pour les imprimeurs, notamment dans les environnements Web-to-Print.


Votre nouvelle baseline de marque, Feel the Potential, semble marquer une évolution…


Florine Darmon : Oui, elle traduit bien notre approche. Feel the Potential, c’est à la fois l’émotion – le papier, le toucher, l’ennoblissement – et le potentiel technique : l’automatisation, la performance, la rentabilité. Nous voulons montrer la complémentarité entre la dimension émotionnelle de l’imprimé et la réalité industrielle de sa fabrication. Notre rôle est aussi d’inspirer les imprimeurs et les créatifs, de leur montrer jusqu’où ils peuvent aller avec nos technologies.


Au-delà des machines, quelle place accordez-vous au software ?


Régis Ruys : Elle est fondamentale. Les logiciels AccurioPro font pleinement partie de notre stratégie d’automatisation et de qualité. Sur le salon, nous présenterons également des solutions orientées maintenance, service et accompagnement des opérateurs. Ce sont parfois des sujets moins « sexy » que l’ennoblissement, mais ils sont absolument clés pour nos clients. On parle de compréhension des machines, surveillance simplifiée, réduction des arrêts, amélioration continue des performances, etc. C’est souvent là que se joue la rentabilité à long terme.



Retrouvez Konica Minolta, sponsor officiel de l'édition 2026 de C!Print Lyon sur le stand 1E20