mercredi 7 janvier 2026
Franck Fugon (Zund France) : « La découpe est devenue un levier stratégique de performance et de différenciation »
2026SponsorsDécoupe & finition
Comment s’est déroulée l’année 2025 pour Zund France ?
Comme pour beaucoup d’acteurs industriels, le contexte économique est resté compliqué en 2025, avec une frilosité globale sur les investissements, comparable à 2024. Malgré cela, Zund France s’est bien maintenu. La raison principale est que notre activité est très diversifiée : 50 % de notre business concerne le graphique et le packaging et 50 % relèvent de l’industrie, notamment l’aéronautique et la défense.
En 2025, la partie industrielle a clairement pris le relais et compensé le ralentissement observé sur le graphique et le packaging. Les années 2021 à 2023 avaient été très dynamiques, avec de nombreux investissements post-Covid. Aujourd’hui, le marché est davantage en phase d’observation. En revanche, l’industrie connaît une réelle progression et tire fortement notre activité.
Quels sont aujourd’hui les principaux défis rencontrés par vos clients ?
Le point commun entre le graphique et l’industrie, c’est la peur de l’arrêt de production. La machine de découpe reste encore un véritable goulot d’étranglement. Dans un atelier graphique, plusieurs imprimantes convergent généralement vers une seule table de découpe. Si elle s’arrête, tout s’arrête.
Dans le graphique, les séries sont de plus en plus courtes et les délais de plus en plus serrés. Il faut produire vite, parfois en quelques jours. La priorité est donc la disponibilité maximale de la machine. C’est pour cela que nous avons fortement développé nos contrats de service, la maintenance préventive et la hotline, afin d’assurer une réactivité immédiate.
Côté industriel, les clients sont plus habitués à ces logiques contractuelles et à la maintenance préventive régulière. Les arrêts non planifiés sont plus rares, mais lorsqu’ils surviennent, il faut être là immédiatement.
Un autre enjeu majeur est la formation. Dans le graphique notamment, le turnover est important. Quand le « sachant » quitte l’entreprise, cela peut entraîner des ruptures de production ou des erreurs d’utilisation. La formation continue est donc essentielle, mais elle n’est pas toujours anticipée par les clients.
L’automatisation peut-elle répondre à la pénurie de compétences ?
Oui, à condition qu’elle soit bien pensée. L’automatisation n’est pas un simple bouton sur lequel on appuie. Elle suppose des volumes suffisants, une excellente planification et surtout des compétences en interne. Il faut un responsable de production capable d’organiser les flux, de faire tourner les lignes automatisées en continu – parfois la nuit – et un opérateur expérimenté capable d’intervenir rapidement en cas de micro-arrêts.
Notre rôle, chez Zünd, est aussi d’accompagner nos clients sur toute la préparation des flux de production, depuis la commande jusqu’à la livraison, et de les former pour qu’ils tirent pleinement parti de ces lignes automatisées.
Travaillez-vous sur des solutions d’intelligence artificielle, notamment pour la maintenance ?
Oui, principalement sur des sujets liés au support et à la connaissance. Aujourd’hui, nos machines génèrent des codes erreur très précis, que nos équipes savent immédiatement interpréter. Nous travaillons également sur des solutions permettant de centraliser toute la documentation technique – manuels, procédures, historiques – afin que nos techniciens puissent interroger ces bases via des outils d’IA et accéder rapidement à l’information pertinente.
Les objectifs sont clairs : gagner du temps, fiabiliser le diagnostic et faciliter le travail des équipes support. Les technologies évoluent très vite, et ce qui est vrai aujourd’hui le sera peut-être moins dans six mois, mais c’est clairement un axe stratégique.
Avez-vous le sentiment que la découpe reste un peu sous-estimée dans les flux de production ?
Historiquement, le métier « noble » dans un atelier reste l’impression. La découpe est perçue comme une étape secondaire, alors qu’elle est tout aussi stratégique. Une impression parfaite avec une découpe ratée, c’est un produit non conforme.
Avec le temps, les clients prennent aussi conscience que la découpe permet d’élargir leur offre, avec de l’usinage de petites pièces techniques par exemple. Elle devient un levier de diversification, de chiffre d’affaires et de marge. Il y a sans doute encore un travail de pédagogie et de communication à faire pour revaloriser cette étape clé.
Quelles sont les actions de Zünd en matière de RSE et de durabilité ?
La principale action, c’est notre modèle industriel. Les machines Zünd sont fabriquées en Suisse, avec 18 fournisseurs situés dans un rayon de 60 km autour de l’usine d’assemblage, et seulement trois fournisseurs européens complémentaires. C’est un choix fort, porté par la famille Zünd, en faveur d’une production locale et maîtrisée.
La durabilité passe aussi par la fiabilité des machines. Certaines de nos tables tournent depuis plus de 20 ans. Elles ne sont pas remplacées tous les cinq ans, ce qui est un véritable atout environnemental. Cela explique aussi le développement très fort de notre activité service : aujourd’hui, nos équipes entretiennent un parc d’environ 1 400 machines en France.
Pourquoi C!Print reste-t-il un salon incontournable pour Zünd ?
C’est un salon extrêmement dynamique, même quand le marché est morose. Les visiteurs sont là pour échanger, comprendre, se projeter. Pour nous, C!Print donne le « la » de l’année à venir. Pour le graphique et le packaging, les tendances business se lisent très bien lors du salon. Si nous n’y étions pas, ce serait un vrai manque pour la marque.
Quelles solutions allez-vous présenter lors de la prochaine édition ?
Nous mettons clairement l’accent sur l’automatisation. Nous présenterons deux lignes distinctes. La première est compacte, dédiée aux matières souples et aux ateliers de petite taille, avec un flux complet du déroulage à la découpe et un robot de déchargement. L’objectif est de montrer que l’automatisation est aussi accessible aux structures plus modestes.
La seconde est une machine plus grande, orientée signalétique et matériaux rigides, capable de produire de manière autonome, avec changement d’outil automatique, sans intervention humaine. C’est une démonstration concrète de ce que seront les ateliers de demain.
En attendant le salon, vous avez une annonce importante à faire…
Effectivement, nous annonçons officiellement le rapprochement entre Zund France et Fogepack autour des activités Zünd. Cette évolution permet à Zund France de reprendre la commercialisation des tables de découpe Zünd historiquement assurée par Fogepack, tout en intégrant une partie de ses équipes. Ce renforcement des compétences commerciales et techniques permet d’adresser le marché français de manière plus cohérente et plus performante. Il s’agit d’une étape logique dans le développement de Zünd en France.






